17/02/2018

Vous avez dit vert ?

À Genève, le tissu urbain était un mélange heureux d’immeubles et de petites maisons entourées d’anciens jardins, ce qui faisait le bonheur des promeneurs et de l’avifaune. Aujourd’hui, l’Etat pousse les petits propriétaires et locataires dehors et remplace les jardins par des immeubles qui n’ont rien d’écologique : il y manque des végétaux dignes de ce nom. Où sont les toits et les façades végétalisés, je n’en vois pas ! Au contraire, on remplace d’anciens jardins bien arborisés par une végétation on ne peut plus minimaliste ! Et tout cela pourquoi ? Pour poursuivre un rêve de croissance qui n’a rien à voir avec les préoccupations d’un écologiste, pour suivre le dogme bien implanté à Genève de la densification à outrance. Le changement climatique en cours devrait inviter à plus de prudence, l’Etat devrait protéger les grands arbres, les jardins buissonneux, les zones de verdure qu'ils soient privés ou non, ils font tampons entre les immeubles. Bon nombre de quartiers sont déjà passés à la trappe pour le plus grand bonheur des promoteurs, car la crise du logement est totalement fabriquée, et c’est bien là le scandale ! Ensemble, luttons contrer la mégalomanie de M. Hodgers, car ce sont de grands périmètres verts qui vont disparaître si on le laisse faire ! On replante, nous répond-on. Oui, du gazon et quelques arbustes de décoration, un espace aseptique entouré de béton. Un des nouveaux périmètres menacés en ville de Genève est celui qui se trouve derrière le Café du Soleil, place du Petit-Saconnex. Alors adieu grand tilleul, noisetiers, houx, bouleaux, aulne, mélèze, pin, sapins, ifs, amélanchiers, sureau noir, sorbier des oiseleurs, cornouiller, robinier, hêtres, petit peuplier tremble, chêne et fruitiers qui constituent différents étages de végétation propices aux oiseaux lesquels, nous le savons, sont en danger et en diminution chaque année, leurs biotopes se raréfiant (voir BirdLife et le Centre ornithologique suisse qui lancent un cri d’alarme). Or, la ville pourrait aussi jouer un rôle dans la protection de l’avifaune. Si le projet de changement de zone du Petit-Saconnex  voit le jour, les oiseaux observés - 23 espèces différentes - devront trouver d’autres territoires ou vont tout simplement disparaître !!!  Certains des jardins menacés ont le label Charte des jardins et accueillent également des hérissons et des insectes rares en ville de Genève tels que : les sphinx, les fourmillons et les vers luisants. Venez découvrir ces jardins lors des Jardins vagabonds organisés ce printemps dans le quartier.